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Cigarette électronique : Sommes-nous en train de manquer le bateau?

Nouvelle parue le 7 janvier 2016

Pharmacie et cigarette électronique : Sommes-nous en train de manquer le bateau?



Lundi, le 4 janvier 2016, le "Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA)" (l'agence chargée d'approuver les médicaments et les produits de santé) de Grande-Bretagne, annonçait avoir approuvé une cigarette électronique du fabricant British American Tobacco à titre de médicament pour le sevrage au tabac et la cessation tabagique.



Cette décision, fondée en bonne partie sur un rapport indépendant rendu public en août 2015 par "Public Health England (PHE)" (le service de santé publique de Grande-Bretagne), fait en sorte que cette cigarette électronique (a) est maintenant encadrée par des normes réglementaires strictes, et (b) est remboursable aux patients qui l'utilisent comme moyen de cessation tabagique.



Une autre conséquence de cette décision est que, à titre de moyen de cessation tabagique approuvé à titre de médicament, cette cigarette électronique peut être vendue dans les pharmacies du Royaume-Uni.



Cette annonce survient à peine quelques semaines après que, jugeant ne pas avoir en mains des preuves jugées suffisantes de son innocuité, le gouvernement du Québec a pris une direction tout à fait opposée en modifiant, le 26 novembre dernier, sa Loi sur le tabac afin d'assujettir la cigarette électronique à des restrictions qui, sous plusieurs aspects, ressemblent à celles applicables aux produits du tabac.

Évidemment, ceci a notamment comme conséquence que les pharmacies du Québec ne peuvent vendre de cigarettes électroniques.



Sommes-nous en train de manquer le bateau?



La voie choisie par le gouvernement du Québec impose plusieurs restrictions à l'offre et à la vente de cigarettes électroniques, mais ne les assujettit pas (ni la cigarette électronique ni son contenu) à des normes et des règles qui, à défaut d'en garantir la complète innocuité, en assureraient une certaine sécurité pour les usagers.



Une raison expliquant ce choix pourrait d'ailleurs être que l'imposition de telles normes relève du gouvernement du Canada (notamment de Santé Canada) et est donc hors de la juridiction du gouvernement du Québec.



Par contre, plusieurs fumeurs ont réussi à cesser complètement de fumer, ou à réduire considérablement leur consommation de produits du tabac, en « vapotant ».



J'en prend à témoin mon épouse, Christine Dumontet, qui, après plus de 40 ans, a réussi depuis 1 an aujourd'hui même (bravo encore ma Chérie) à cesser de fumer en ayant recours à la cigarette électronique, et ce, après avoir, au cours des 20 dernières années, tenté en vain de ce faire par presque tous les moyens offerts au Canada, y compris un médicament sous prescription dont les effets secondaires lui ont causé de très graves ennuis de santé.



Ne serait-il pas préférable que, prenant exemple sur ce qui se passe en Grande-Bretagne, Santé Canada établisse des normes selon lesquelles la cigarette électronique pourrait être approuvée comme moyen de cessation tabagique, le gouvernement du Québec exempte les cigarettes électroniques approuvées par Santé Canada des restrictions prévus à la Loi sur le tabac afin notamment d'en permettre la vente en pharmacie au même titre que les autres moyens de cessation tabagique, et la Régie de l'assurance maladie du Québec en assure le remboursement aux fumeurs aussi de la même manière que pour les autres moyens approuvés de cesser de fumer?



En ce faisant, ne pourrions-nous pas ainsi ouvrir aux pharmacies du Québec un marché important et en forte croissance, tout en améliorant du même coup le taux de cessation tabagique (et les économies qui en découlent pour tout le régime public de santé) et en assurant au public une certaine sécurité par l'imposition de normes élevées applicables à la cigarette électronique elle-même et, ce qui me semble être encore plus important, à son contenu inhalé par ses usagers?



Auteur: Jean H. Gagnon, Ad.E.

Avocat | Médiateur | Arbitre



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